La Convention Collective de travail de la vente laminée par le patronat!

Une pétition est lancée.

Le 14 juin 2011 : solidarité avec le personnel de vente de 11h45 à 13h00. Grand pique-nique revendicatif devant Planète Charmille pour une CCT forte dans la vente. Rendez-vous Promenade de l’Europe 11.

Fin juin, la Convention collective genevoise du personnel de vente arrive à échéance et le patronat n’est pas disposé à resigner ce texte pourtant indispensable. Par cette décision, les associations patronales du commerce de détail détruisent 10 ans de partenariat social et ouvrent grand la porte aux pires abus dans ce secteur particulièrement féminisé. Rappelons que l’extension des horaires des magasins a été refusée en votation populaire. Aujourd’hui, c’est au personnel de la vente qu’elles s’en prennent.

Plus de salaire minimum obligatoire, plus d’horaire plafonné à 42h par semaine, plus de perte de gain maladie ni de semaine limitée à 5 jours de travail. La sous-enchère salariale, le travail sur appel et les autres formes d’exploitation peuvent reprendre le terrain !

Deux faits sont à l’origine du vide conventionnel annoncé : d’une part, les associations patronales continuent à conditionner leur signature à une prolongation des horaires des magasins et d’autre part, ces mêmes associations ne réunissent pas le nombre de signataires nécessaires à l’extension de la Convention collective. En effet, pour que la Convention
collective Cadre continue à faire office de loi dans tous les commerces du canton, ce sont au moins 550 entreprises (1er quorum) représentant la majorité des salarié-e-s (2ème quorum) qui doivent volontairement s’y soumettre.

Or, nous sommes aujourd’hui très loin de ces deux quorums. Il est dans ce contexte complètement aberrant de la part des employeurs de continuer à exiger des prolongations horaires alors qu’aucune protection des conditions de travail ou contrepartie ne pourrait être inscrite dans une convention s’appliquant à l’ensemble du personnel.

Le secteur de la vente à Genève se retrouve donc au 1er juillet sans convention de force obligatoire et donc livré non seulement au dumping salarial mais également à une flexibilisation et une précarisation des conditions de travail. Face à cette situation particulièrement préoccupante, les syndicats ont réitéré leur position: ils demandent aux signataires actuels de la CCT cadre de renouveler leur signature sans condition. Ceci aurait
comme conséquence de permettre une extension facilitée de la Convention collective Cadre. Cette solution n’est de loin pas la panacée car lors d’une extension facilitée (faute de signataires assez nombreux) seules les dispositions sur les salaires minimums et le plafonnement horaire à 42h s’appliqueraient dans tous les magasins. Il s’agit là d’un moindre
mal, mais à terme, les négociations avec l’ensemble des partenaires doivent reprendre afin de permettre le maintien d’une Convention collective étendue dans ce secteur.

Pour l’heure, afin d’alerter les autorités et de faire pression sur le patronat, les syndicats SIT et Unia lancent une pétition exigeant des commerçants qu’ils revoient leur position. Vous pouvez trouver la pétition sur le site Internet des syndicats pour la faire circuler dans votre entourage: Soyons solidaires jusqu’au bout avec le personnel de la vente, exigeons ensemble une convention collective forte et durable dans ce secteur.

Valérie Balleys/Valérie Buchs

Téléchargez la pétition Sit Unia CCT Cadre en format pdf

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