temps de travail

En 1991

Graves conséquences du travail de nuit et du dimanche

Les femmes revendiquaient:

  • que la Suisse renonce à dénoncer la Convention 89 interdisant le travail de nuit des femmes dans l’industrie et que cette protection soit étendue aux hommes;
  • de réelles compensations en temps là où le travail de nuit et du dimanche est indispensable pour des raisons sociales.

En 2011 les femmes revendiquent…

  • la baisse du temps de travail professionnel sans réduction de salaire pour toutes et tous.

Vers une baisse généralisée de la durée du travail

Avec une durée moyenne du travail de 43,9 heures par semaine, la Suisse dépasse nettement la moyenne des Etats européens. La durée du travail est non seulement excessive mais la flexibilité caractérise aussi les horaires de travail (périodes imprévisibles). Il est ainsi plus difficile pour les salarié-e-s ayant charge de famille, des salariées dans la majorité des cas, de travailler à plein temps. Des durées hebdomadaires excessives réduisent la vie familiale de nombreux hommes à quelques heures le soir et en fin de semaine. Elles bétonnent ainsi la division traditionnelle des rôles.

Le collectif revendique une baisse du temps de travail professionnel, sans réduction de salaire, pour toutes et tous. Mais aussi des horaires prévisibles et compatibles avec des obligations familiales. Une nouvelle articulation des temps sociaux, professionnels et familiaux est nécessaire à l’instauration d’un modèle égalitaire !

La Convention Collective de travail de la vente laminée par le patronat! (SIT – Valérie Balleys/Valérie Buchs)

Une pétition est lancée.

Fin juin, la Convention collective genevoise du personnel de vente arrive à échéance et le patronat n’est pas disposé à resigner ce texte pourtant indispensable. Par cette décision, les associations patronales du commerce de détail détruisent 10 ans de partenariat social et ouvrent grand la porte aux pires abus dans ce secteur particulièrement féminisé. Rappelons que l’extension des horaires des magasins a été refusée en votation populaire. Aujourd’hui, c’est au personnel de la vente qu’elles s’en prennent.

Plus de salaire minimum obligatoire, plus d’horaire plafonné à 42h par semaine, plus de perte de gain maladie ni de semaine limitée à 5 jours de travail. La sous-enchère salariale, le travail sur appel et les autres formes d’exploitation peuvent reprendre le terrain !

Deux faits sont à l’origine du vide conventionnel annoncé : d’une part, les associations patronales continuent à conditionner leur signature à une prolongation des horaires des magasins et d’autre part, ces mêmes associations ne réunissent pas le nombre de signataires nécessaires à l’extension de la Convention collective. En effet, pour que la Convention collective Cadre continue à faire office de loi dans tous les commerces du canton, ce sont au moins 550 entreprises (1er quorum) représentant la majorité des salarié-e-s (2ème quorum) qui doivent volontairement s’y soumettre.

Or, nous sommes aujourd’hui très loin de ces deux quorums. Il est dans ce contexte complètement aberrant de la part des employeurs de continuer à exiger des prolongations horaires alors qu’aucune protection des conditions de travail ou contrepartie ne pourrait être inscrite dans une convention s’appliquant à l’ensemble du personnel.

Le secteur de la vente à Genève se retrouve donc au 1er juillet sans convention de force obligatoire et donc livré non seulement au dumping salarial mais également à une flexibilisation et une précarisation des conditions de travail. Face à cette situation particulièrement préoccupante, les syndicats ont réitéré leur position: ils demandent aux signataires actuels de la CCT cadre de renouveler leur signature sans condition. Ceci aurait comme conséquence de permettre une extension facilitée de la Convention collective Cadre. Cette solution n’est de loin pas la panacée car lors d’une extension facilitée (faute de signataires assez nombreux) seules les dispositions sur les salaires minimums et le plafonnement horaire à 42h s’appliqueraient dans tous les magasins. Il s’agit là d’un moindre mal, mais à terme, les négociations avec l’ensemble des partenaires doivent reprendre afin de permettre le maintien d’une Convention collective étendue dans ce secteur.

Pour l’heure, afin d’alerter les autorités et de faire pression sur le patronat, les syndicats SIT et Unia lancent une pétition exigeant des commerçants qu’ils revoient leur position. Vous pouvez trouver la pétition sur le site Internet des syndicats pour la faire circuler dans votre entourage: Soyons solidaires jusqu’au bout avec le personnel de la vente, exigeons ensemble une convention collective forte et durable dans ce secteur.

Téléchargez la pétition Sit Unia CCT Cadre en format pdf

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